Les murs
étaient recouverts d’un vieux papier peint qui tombait en lambeaux.
Elle a tout
arraché de ses petits doigts fins, jusqu’au sang.
Un matin,
elle a tout repeint en blanc.
Les mots,
beaucoup de mots,
des mots désuets, insignifiants, cruels ou tordus
qui
encombraient des tiroirs entiers de son cerveau.
Un matin,
elle a tout repeint en blanc.
Son corps,
son visage, ses cheveux.
Elle a tout effacé, puis elle a patiemment redessiné
les contours.
Elle a
écouté leurs voix, des centaines de voix discordantes et contradictoires.
Ces
voix là ne se taisaient jamais, et il fallait toutes les satisfaire.
Un matin, elle a tout repeint en blanc.
Face au
miroir, esquissant minutieusement des traits à la craie grasse,
elle se voyait
devenir un brouillon d’elle-même, une somme de toutes leurs projections.
Le
résultat était exquisément hideux. Elle ne se reconnaissait plus.
Ce soir, elle ne laissera plus personne définir qui elle est.
Elle portera fièrement sa cicatrice au front,
son nez, ses yeux, sa bouche, ses oreilles et ses cheveux...
Et n'écoutera plus les fantômes du passé.
son nez, ses yeux, sa bouche, ses oreilles et ses cheveux...
Et n'écoutera plus les fantômes du passé.

Je suis fière de toi.
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